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Autour de la sélection 2002

Billy Wilder par Martin Scorsese

Double Indemnity (Assurance sur la mort)
Billy WILDER
Martin Scorsese a réalisé un montage en hommage à Billy Wilder qu'il présentera lundi 20 mai, salle Lumière.

" A la fin des années 30, des réfugiés européens ayant fui le fascisme devinrent des metteurs en scènes célèbres : Fritz Lang, Alfred Hitchcock, Otto Preminger, Billy Wilder, mais aussi moins célèbres comme Douglas Sirk, Robert Siodmak, Edgar Ulmer, André de Toth. Pour eux, le crime était un objet de fascination. Il leur permettait d'explorer plus avant la nature du mal. Le mal ordinaire tapi au coeur de la vie américaine.
Le Film Noir révéla les bas-fonds de la grande ville américaine. Ses habitants étaient le détective privé, le flic rural, les criminels en col blanc, les femmes fatales. Comme le dit Raymond Chandler : " les rues étaient sombres d'autre chose que la nuit ". Après Double Indemnity (Assurance sur la mort) de Billy Wilder, on ne pouvait plus se fier à rien. Même pas aux quartiers résidentiels de l'Amérique profonde. Même pas aux supermarchés californiens... Mais n'oublions pas que les comédies peuvent être aussi iconoclastes que les drames. L'oeuvre de Billy Wilder, qui fut d'abord scénariste dans les années trente, puis auteur-réalisateur à partir des années quarante, en est le meilleur exemple. Avec les années, l'humour de Billy Wilder devint de plus en plus incisif. Au lieu d'adoucir ses potions, il ne cessa d'y rajouter de l'acide. Vous ne sauriez trouver film plus iconoclaste, dans les années Kennedy, que son One, Two, Three (Un, Deux, Trois), une farce politique qui osait ridiculiser toutes les idéologies au pire moment de la Guerre Froide. James Cagney y jouait un dirigeant américain de Coca-Cola qui avait engagé sa secrétaire allemande pour faire du charme à des commissaires politiques soviétiques à Berlin-Est. Wilder transgressait le politiquement correct avec la même alacrité que le bon goût était synonyme de censure. " On m'accuse d'être vulgaire - disait-il - tant mieux, ça prouve que je suis très proche de la vie "
In A Personal Journey Trough the American Cinema (Martin Scorsese - Michael Wilson, éditions Cahiers du cinéma)

" J'aime la télévision, parce qu'autrefois on disait le cinéma un art inférieur. Aujourd'hui, nous pouvons regarder quelque chose de haut. "

" Le bonheur, c'est que votre médecin fume quatre paquets par jour. Le bonheur, c'est que votre fille vous annonce qu'elle épouse un homme plus âgé qu'elle - Paul Getty III. Le bonheur, c'est de travailler avec Jack Lemmon. "

(A propos du producteur Sam Spiegel) " C'est un Robin-des-bois moderne : il vole les riches et il vole les pauvres. "

" Au lendemain de la guerre, des Allemands m'ont proposé de mettre en scène la Passion. Nous avons découvert que six des apôtres étaient des anciens de la Gestapo et que le charpentier qui devait jouer le Christ avait appartenu aux S.A. J'ai accepté, à la condition que les clous soient vrais. "

" Décerner un prix au metteur en scène d'une pièce de théâtre équivaut à donner un premier prix de sculpture aux déménageurs qui ont transporté la Pieta à la Foire Internationale de New York. "

" Après l'échec de " Embrasse-moi idiot ", I.A.L. Diamond et moi nous sommes regardés pendant des semaines comme un couple qui aurait fait un enfant à deux têtes et n'oserait plus avoir de rapport. "

Les citations de Billy Wilder sont proposées par Pascal Mérigeau

Principaux films

1933 : Mauvaise graine (Fr.)
1942 :The Major and the Minor (Uniformes et jupons courts)
1943 : Five Graves to Cairo (Les Cinq secrets du désert)
1944 : Double Indemnity (Assurances sur la Mort)
1945 : The Lost Weekend (Le Poison)
1948 : The Emperor Waltz (La Valse de l'empereur)
1948 : A Foreign Affair (La Scandaleuse de Berlin)
1950 : Sunset Boulevard (Boulevard du Crépuscule)
1951 : Ace in the Hole (Le Gouffre aux chimères)
1953 : Stalag 17
1954 : Sabrina
1955 : The Seven Year Itch (Sept ans de réflexion)
1957 : The Spirit of Saint-Louis (L'Odyssée de Charles Lindbergh)
1957 : Love in the Afternoon (Ariane)
1958 : Witness for the Prosecution (Témoin à charge)
1959 : Some Like It Hot (Certains l'aiment chaud)
1960 : The Apartement (La Garçonnière)
1961 : One, Two, Three (Un, deux, trois)
1963 : Irma la douce
1964 : Kiss Me, Stupid (Embrasse-moi, idiot !)
1966 : The Fortune Cookie (La Grande Combine)
1970 : The Private Life of Sherlock Holmes (La vie privée de Sherlock Holmes)
1972 : Avanti !
1974 : The Front Page (Spéciale première)
1978 : Fedora
1981 : Buddy Buddy

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