Le film raconte l'histoire de Ohwon, un artiste coréen qui vécut à une époque de chaos, la seconde moitié du XIXème siècle. Le personnage
historique, dont les errances font echo aux troubles du royaume Chosun, fut l'incarnation même de l'art. Ivre de femmes et de peinture est une fiction bien
s–r, mais basée sur des faits. L'amitié entre Ohwon et maître Kim Byung-Moon constitue l'axe. Maître Kim décèle chez le
jeune Ohwon l'étincelle de la grandeur et le sauve de la clochardisation.
Cinq femmes entourent le personnage principal du film. Leurs destinées croisent celle d'Ohwon, y mêlant joies et tristesses, espoir et désespoir, sur fond de troubles sociaux
et religieux. Ces femmes ne sont pourtant que des étapes sur le parcours d'une marche initiatique vers l'accomplissement de l'oeuvre. Son rapport aux prostituées n'est pas sans
rappeler celui d'un de ses contemporains grandioses, van Gogh (1853-1890), qui n'hésitent pas à leur prodiguer la même tendresse. Deux destinées parallèles
couées à l'absolu de l'art, à une vision connue d'eux seuls et qu'ils cherchaient à atteindre à travers les souffrances de l'homme, à travers la morsure
de ces flammes, où Ohwon trouvera la fin de son errance, sa rédemption. Comme le dit Im kwon-Taek, "l'art est un combat vers l'achèvement qui n'aura pas de fin."
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