Deux mastodontes de la sélection faisaient leur entrée en compétition hier : Irréversible de Gaspard Noé et Le Pianiste de Roman Polanski. Pour le
premier, le scandale tant annoncé n'a pas eu lieu. Le film a cela dit divisé les journalistes (certains l'ont violemment rejeté en bloc), déclenchant quelques
débats animés au sein des rédactions.
Vêtu d'une veste militaire, Gaspard Noé donnait le ton pour la conférence de presse. L'échange fut poli, très loin de la véhémence attendue.
Accompagné de toute son équipe (Cassel, Bellucci et Dupontel), Noé est calmement revenu, dans une diction inimitable, sur ses intentions : "Pourquoi montrer des meurtres
et pas des viols, alors qu'un viol est tellement plus fréquent dans la réalité ?"
Moins violent au niveau formel, Le Pianiste permet à Roman Polanski de revenir sur la Croisette, 16 ans après la sélection de Pirates. En adaptant les
mémoires de Wladyslaw Szpilman, joueur de piano juif sauvé par un officier nazi amoureux de sa musique, Roman Polanski s'autorise à "raconter l'histoire d'un autre avec
son propre vécu et ainsi d'accepter d'affronter ses propres démons". Il permet également de démontrer toute l'étendue du talent d'Adrian Brody, saisissant
de force et de vulnérabilité dans ce rôle.
Enfin dernier jeu des festivaliers, les pronostiques du palmarès qui s'affinent de plus en plus : le Kaurism„ki est en bonne place, de même
qu'Intervention Divine et le Spider de David Cronenberg. A suivre...
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