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Le Quotidien 2011

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La Leçon de cinéma de Malcolm MacDowell

Le 20.05.2011 à 00:00 - Mis à jour le 20.05.2011 à 20:58

Malcolm McDowell © FIF/AM
Malcolm McDowell © FIF/AM

L'acteur star d'Orange Mécanique (1971), long-métrage de Stanley Kubrick auquel le Festival a rendu hommage au cours de cette 64e édition avec une copie restaurée et un documentaire, a évoqué sa carrière et a distillé, non sans humour, des anecdotes avec le maître de tournage à une salle comblée. Extraits.

 

Malcolm MacDowell a dans un premier temps évoqué sa manière d'aborder un rôle :

"J'aime donner de l'énergie à mes personnages. Je n'aime pas les personnages en 2D. En général, je me base sur mon instinct pour leur donner de la profondeur. A mes débuts, j'apprenais le script par coeur afin de ne pas y revenir. Aujourd'hui, avec l'âge, c'est plus dur ! J'aime travailler les textes et les oublier ensuite pour être libre d'en faire ce que je veux lors du tournage".

 

Puis il s'est remémoré le chemin qui l'a mené devant les caméras :

"A 11 ans, j'ai été choisi par mon école pour une comédie musicale. Une fois sur scène, les lumières m'ont éblouies mais je me suis senti chez moi. Ensuite, j'ai joué dans des pièces de Shakespeare. J'ai interprété tous les grands personnages de son oeuvre avant d'avoir 18 ans. Puis j'ai rencontré une star du muet auprès de laquelle j'ai pris des cours d'élocution. J'étais fasciné par cette femme".

 

Malcolm MacDowell a expliqué comment sa collaboration avec Stanley Kubrick a démarré :

Je me suis rendu chez lui et il m'a demandé si j'avais entendu parler d'Orange Mécanique. Il m'a dit : "Je veux tourner ce livre". J'avoue que j'ai eu du mal à lire ce foutu livre ! Après trois lectures, j'ai enfincompris son sens. Un semaine plus tard, je lui ai demandé s'il me donnait le rôle. Après un silence, il m'a répondu : "oui".

 

L'acteur a dévoilé comment il a préparé le rôle d'Alex dans Orange Mécanique :

"Je suis allé voir le réalisateur Lindsay Anderson, avec qui j'avais déjà collaboré, pour lui demander conseil. Il m'a dit : "Tu te souviens cette scène de If... (1968) où tu souris ? Et bien joue ce rôle comme ça". Il m'a donné une image. Je m'en suis souvenu pendant le tournage".

 

L'acteur a pour conclure loué le talent de Kubrick à utiliser la musique dans ces films :

"On pourrait organiser un séminaire sur la manière brillantissime de Stanley Kubrick à utiliser la musique dans ses films. C'était un maître en la matière ! Dans Orange Mécanique, la scène où Alex fait l'amour avec deux jeunes femmes est la meilleure illustration de ce talent. La scène dure trente minutes mais Kubrick l'a ajouté au montage en accéléré sur "William Tell Ouverture", de Gioachino Rossini !"

 

Propos recueillis par B.P.

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